Première période : découverte de l’Uttarakhand, attente de la mousson & moultes aventures

Et c’est parti pour le stage, intitulé « étude faisabilité d’une fabrication de fromage de chèvre », dans l’ONG Pan Himalayan Grassroots dans le sud de l’Himalaya. Difficile de s’imaginer quelque chose avec ça. Et bien j’ai bien fait de m’attendre à rien et de partir l’esprit vide, car chaque jour a été une réelle découverte ! Que ce soit les activités, la nourriture, les horaires, les rencontres… je vous laisse le découvrir à votre tour.

Chaque matin, un réveil (au début uniquement, on a vite compris que ça ne servait à rien ensuite) nous sortait du lit, l’appel du petit déj « français » se faisait entendre: pain fait à la machine (avec une farine différente, d’où un résultat « différent », plus lourd et pâteux), du beurre salé non réfrigéré, du poivre, du fromage en tranche sans goût, de la confiture fait par l’entreprise Umang (entreprise créée par l’ONG et gérée par des femmes), et du miel. Parfois, on avait droit aussi à un petit déj indien, avec des mangues, de la semoule très épicée avec des petits morceaux de chili, de l’omelette au chili vert. J’aimais bien 🙂
Tout cela accompagné d’un thé bien sûr.

Pour le repas du midi et du soir, c’était assez peu variable (chapatis -galettes de farine, riz -sans sel ni épices, currys de légumes, alou gobbi, dal -soupe de lentilles ou pois) sauf lorsque c’était le weekend ou bien un repas de fête (fête d’Harela, pour la bonne récolte; 4 juillet pour l’indépendance des USA) où on avait parfois de la viande (du poulet ou de la chèvre), des poris,… On partageait le repas du soir avec Kalyan et Anita parfois, mais de manière générale Ranjid nous servait avant eux vers 13h-13h30 puis 20h30-21h. Ranjid, maître de maison, connait sa cuisine par coeur, et avait du mal au début à nous laisser rentrer et nous servir. On a réussi, après quelques semaines, à communiquer avec lui, discuter de choses qui l’intéresse (cuisine française -il avait l’air de trouver ça bizarre de manger des légumes sans sauce ni épices), et même à lui emprunter quelques fois sa cuisine pour faire des desserts à Kalyan et Anita (fondant au chocolat, tarte au citron meringuée) qui ont été bien sûr des échecs -à cause du four- 🙂

Ensuite, pendant la première semaine, ça a été la découverte des alentours et des actions de l’ONG: promenades en jeep, rencontre avec des villageois, pour voir les puits d’infiltrations, les « nursery » pour les plantes, les usines de biogaz, et aussi pour se faire offrir le chai latte ! On a eu la chance d’assister à un meeting de Grassroots au sommet d’un colline, avec une quinzaine de femmes d’un village constituant un SHG (Self Help Group). Elles nous ont chanté des chants religieux magnifiques On est également partis sur une journée à Kausani, village un peu plus en altitude, pour accompagner les deux stagiaires américains Mattew et Dylan, et les deux stagiaires indiennes Regina et Shifali, dans leur enquête auprès des villageoises. On a pu visiter un ashram, école reigieuse de jeunes filles, discuter avec la « gérante », manger dans notre premier restaurant de rue (en évitant l’eau et les crudités après toutes les recommandations; mais on a craqué pour les mangues qui trainaient sur le trottoir de la rue), … et j’ai pu parler espagnol avec Dylan, hé oui ça me manquait un peu, une semaine et des poussières auparavant je me dorais la pilule sur la plage de Valencia.

Au cours de la première semaine on a aussi expérimenté la jeep à 16 personnes 🙂 on est allées pour la première (mais pas la dernière) au centre ville de Ranikhet, où on a découvert un tout autre paysage. Adieu les routes sinueuses empruntées par les vaches et les singes, les paysages de terrasses et les pins très secs, bonjour les deux uniques rues commerçantes, avec 2 échoppes au mètre carré, une surpopulation dans la rue tel un jour de solde, des détritus et des odeurs désagréables, des saris de toutes les couleurs, des crachats marrons à vos pieds, des toilettes publiques pas très intimes, des restaurants de rue et des samousa qui vous attirent l’œil (mais pas l’estomac)… on y est retourné ensuite plusieurs fois, pour quelques courses, des tissus pour faire nos kurta chez le tailleur (300Rs le tissu pour tunique pantalon et étole,120 Rs le tailleur, soit 6€ l’ensemble), des pâtisseries (pas bonnes du tout), du papier toilette pour les jours de crise. Ah oui, parce qu’on a la chance d’avoir des toilettes à l’occidentale à la maison, mais le papier toilette est un luxe en Inde. On ne s’essuie pas avec du papier, c’est sale, on se lave à l’eau avec un jet ou un petit broc d’eau.
Je m’étais dit que jamais je ne testerais cette expérience. Cf la suite des aventures 😉

Lors de cette première semaine sans Kalyan, on a été encadrées par Manuj le secrétaire de l’ONG, jeune indien dynamique. On a pu remarqué l’absence de travail durant cette semaine là, le patron n’étant pas là pour donner ses ordres, c’était les vacances. Et d’une manière générale, ça traine toujours. En Inde, et surtout au travail, il faut attendre. On vous dit d’attendre 5minutes, comptez 1h30. Il ne faut rien prévoir, et encore moins s’avancer, c’est inutile. Ce stage m’aura appris à être patiente !

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